Accueil | Terre | Actu Terre | Au plus proche des besoins du combattant Terre ... Actu Terre | Au plus proche des besoins du combattant

Au plus proche des besoins du combattant

Mise à jour  : 27/05/2021

Le Battle Lab Terre a envoyé pour la première fois des robots de mobilité en opération extérieure. Les essais de terrain sont menés entre mars et juin 2021. Ces tests s’inscrivent dans un plan d’étude plus large mené par cet organisme. Une expérimentation de longue haleine pour construire une innovation au plus proche des besoins opérationnels.

« Si le robot pèse 500 kg, il peut en soulever 750. Une fois et demie son poids. »  À Gao, l’adjudant François du Battle Lab Terre (BLT) explique la fonction principale du robot mule qu’il est en train de diriger, télécommande à la main : soulager le fantassin d’une partie de son matériel. Depuis plusieurs années, le soldat a été doté d’équipements supplémentaires, notamment avec le programme Scorpion. Ce robot permet d’offrir plus d’agilité au combattant. « Un seul robot peut délester tout un groupe de combat », confirme le chef de bataillon Jean-Charles, chef d’équipe au BLT. Le système de pilotage est innovant.

Il existe une télécommande classique, pour guider la mule sur une courte distance, et une deuxième avec un écran. « Cette dernière permet au soldat d’orienter le robot sans le voir et surtout sur une plus grande distance. » Un retour vidéo est permis grâce aux cinq caméras de l’engin. La mule n’a pas de fonction de feu. Ce n’est pas un robot de combat télécommandé, c’est un drone terrestre. Son utilisation sur le champ de bataille ne soulève donc pas de questions d’éthique.

Un avis de terrain

L’expérimentation "Robopex" poursuit un dessein précis : obtenir le retour d’une unité d’infanterie quant à l’utilisation du robot mule sur un théâtre d’opération extérieure. « Le point clé est de récolter un avis de terrain », souligne le chef de bataillon Jean-Charles qui participe au pilotage du projet au sein du BLT. Quatre robots de ce type sont envoyés en bande sahélo-saharienne de mars à juin 2021, exclusivement utilisés par le 126e régiment d’infanterie (126e RI). « L’expérimentation en opération extérieure est une continuité des études en cours », poursuit-il. Une première mule a été livrée au BLT en juin 2020.

Les essais ont été menés sur le territoire national. Les membres du 126e RI ont déjà pris en main le robot entre les murs de leur régiment, lors d’une formation dispensée début 2021, pour préparer au mieux la projection. À l’issue des quatre mois sur le théâtre, les robots retourneront au BLT.

Mais un passage instantané à l’échelle n’est pas envisagé. Même si le retour est positif, les mules n’arriveront pas tout de suite dans les unités.

Le BLT mène cette expérimentation poussée du robot, pour que ce dernier soit optimal au moment de rejoindre les forces. Ce procédé permet d’innover au plus près des combattants.

Travailler avec l’industriel

Initialement, un appel d’offres pour la livraison du robot a été lancé par l’Agence de l’innovation de défense. Le BLT a mené les tests sur les différents prototypes proposés par cinq entreprises.

Ces essais ont permis de choisir l’industriel chargé de livrer les robots à l’armée de Terre. L’entreprise française Gaci a finalement remporté le marché. Cette dernière n’a pas inventé le robot, qui existe déjà dans l’armée israélienne.

Mais elle est détentrice des brevets nécessaires pour en assembler les pièces. Les mules projetées sur le théâtre ont été construites sur le territoire français. « Nous entretenons de très bonnes relations avec cet industriel », affirme le chef de bataillon Jean-Charles. L’entreprise est chargée de dispenser la formation initiale d’utilisation des robots aux soldats.

Le BLT a toutefois un regard sur l’organisation de cette formation, pour s’assurer qu’elle est adaptée au  régiment. Le combattant doit être à l’aise avec le robot. Il devra peut-être un jour le piloter sous le feu.


Droits : Armée de Terre 2022